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Où se cachent les perturbateurs endocriniens dans notre quotidien?

16 sept.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 sept.


Malheureusement, les perturbateurs endocriniens sont très présents dans notre environnement quotidien, à travers de nombreux objets, aliments et produits que nous utilisons chaque jour, mais aussi dans les bâtiments que nous occupons et dans les espaces extérieurs qui nous entourent. Ces substances, auxquelles nous sommes exposés sans même en avoir conscience, peuvent interférer avec notre système hormonal et, lorsque l’exposition est répétée, avoir des conséquences importantes sur la santé.


Ils sont invisibles, mais ont pourtant des conséquences concrètes



Intérieur moderne avec cuisine, chambre et salle de bain illustrant la présence invisible de perturbateurs endocriniens dans le quotidien.


Les perturbateurs endocriniens sont des substances présentes en quantités parfois infimes, capables de pénétrer dans notre organisme par les voies digestives, respiratoires ou cutanées et d’interférer avec le fonctionnement normal de notre système hormonal. Or, les hormones jouent un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions de l’organisme : croissance, reproduction, sommeil, métabolisme, humeur ou encore développement du cerveau.

Certaines de ces substances peuvent imiter l’action d’une hormone, en bloquer les effets ou modifier sa production et son élimination. Les facteurs à prendre en compte ne sont donc pas uniquement la quantité à laquelle nous sommes exposés, mais aussi la période de la vie, la durée d’exposition et le type de substance concernée.

La multitude des sources d’exposition, associée au caractère difficilement évitable de certains produits, rend le sujet particulièrement complexe. Les sources sont nombreuses, souvent discrètes, et peuvent s’additionner au fil du quotidien.


Difficile d'en éviter l'exposition



• Ils sont présents dans de nombreux produits du quotidien : emballages, plastiques, cosmétiques, produits ménagers, textiles ou objets traités.

• Ils peuvent aussi être présents dans notre environnement : air intérieur, poussières, eau, sols ou certains matériaux.

• L’exposition provient souvent de multiples sources, avec de petites quantités qui peuvent s’additionner au fil du temps.

• Certaines substances sont difficiles à repérer, car elles ne sont pas toujours clairement identifiées par le consommateur.

• Certaines périodes de la vie sont plus sensibles, notamment la grossesse, l’enfance et l’adolescence.

• Le risque ne dépend pas uniquement de la dose, mais aussi du moment et de la durée de l’exposition.

• Éviter totalement les perturbateurs endocriniens est peu réaliste, mais réduire les principales sources d’exposition ou en éviter certaines reste possible.


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Une exposition imperceptible aux effets durables



Les conséquences liées aux perturbateurs endocriniens peuvent toucher plusieurs grandes fonctions de l’organisme. Certaines substances sont notamment étudiées pour leurs liens avec des troubles de la reproduction, des modifications du développement chez l’enfant, des perturbations du métabolisme ou encore certains effets sur le système nerveux.

Selon la substance concernée et le moment de l’exposition, les conséquences potentielles ne sont pas les mêmes. Une exposition pendant la grossesse, l’enfance ou l’adolescence peut être particulièrement préoccupante, car l’organisme traverse alors des phases importantes de développement et de maturation hormonale.

Les recherches s’intéressent également à leurs liens possibles avec certains troubles de la fertilité, des anomalies du développement, l’obésité, le diabète, des troubles thyroïdiens et certains cancers hormonodépendants. Tous les perturbateurs endocriniens ne présentent toutefois pas le même niveau de preuve ni le même niveau de risque.

Certains peuvent aussi agir au niveau épigénétique, c’est-à-dire modifier la manière dont certains gènes s’expriment sans changer directement la séquence de l’ADN. Ces mécanismes sont particulièrement étudiés lors des périodes sensibles du développement, notamment pendant la grossesse et l’enfance.

C’est ce qui rend le sujet délicat : les effets peuvent être différés, varier fortement selon les substances et apparaître après des expositions répétées ou survenues à des périodes sensibles de la vie.

L’objectif n’est donc pas de vivre dans une psychose quotidienne ni de considérer chaque contact comme dangereux, mais de comprendre quelles expositions sont les plus pertinentes à réduire.


Les gestes simples qui permettent de limiter l’exposition


Il est impossible d’éliminer complètement les perturbateurs endocriniens de notre environnement. Mais il est possible de limiter certaines expositions et, de ce fait, de réduire une partie des risques associés.


1• Limiter le contact des aliments avec certains plastiques

Éviter autant que possible de chauffer des aliments dans des contenants en plastique, surtout lorsqu’ils sont anciens, abîmés ou non prévus pour cet usage. Pour les préparations chaudes et la conservation, le verre, l’inox ou la céramique constituent généralement de bonnes alternatives.

2• Simplifier les produits ménagers

Multiplier les sprays, désodorisants, parfums d’intérieur, lessives, liquides vaisselle et autres produits d’entretien très parfumés augmente inutilement le nombre de substances présentes dans l’air intérieur. Quelques produits simples, à la composition plus épurée, utilisés correctement dans un logement régulièrement aéré, suffisent souvent pour l’entretien courant.


3• Choisir ses cosmétiques avec plus de sobriété

Crèmes, parfums, maquillage, shampoings ou déodorants représentent des sources d’exposition répétées par contact avec la peau. Réduire le nombre de produits utilisés, privilégier là encore les compositions simples et éviter les usages superflus permet déjà de diminuer cette exposition.


4• Aérer régulièrement les lieux de vie

Les perturbateurs endocriniens ne sont pas uniquement présents dans les produits que nous manipulons. Certains peuvent également se retrouver dans l’air intérieur et les poussières provenant du mobilier, des textiles ou de différents matériaux. Aérer quotidiennement et limiter l’accumulation de poussière constitue donc des mesures simples.


5• Laver les objets et textiles neufs

Vêtements, draps, rideaux ou textiles d’ameublement peuvent contenir des résidus liés à leur fabrication ou à certains traitements. Les laver avant une première utilisation permet d’en éliminer une partie.


6• Réduire les expositions alimentaires évitables

Varier son alimentation permet d’éviter de concentrer toujours les mêmes sources d’exposition. Il peut également être utile de laver les fruits et légumes, de limiter les aliments très transformés et de ne pas conserver inutilement des aliments chauds dans certains emballages.


7• Agir en priorité sur les expositions répétées

Il n’est ni réaliste ni nécessaire de traquer chaque substance. Le plus pertinent est d’identifier les habitudes qui reviennent chaque jour : contenant utilisé pour réchauffer les repas, produits appliqués sur la peau, parfums diffusés dans le logement ou produits ménagers employés régulièrement.


Réduire quelques expositions répétées aura généralement davantage de sens que chercher à éliminer ponctuellement chaque source possible.


Le point Onyura


Avec un peu de recul, il y a quelque chose de profondément absurde dans la manière dont santé, modernité et profit peuvent parfois entrer en collision. Entre efficacité, attractivité et rentabilité, l’humanité a tendance à reproduire des schémas toxiques, y compris lorsque les intentions de départ sont bonnes.

Il devrait pourtant exister un principe de précaution beaucoup plus fort pour les produits que nous consommons ou qui entrent, de près ou de loin, dans notre quotidien. Ce qui me dérange le plus n’est pas seulement qu’un risque puisse être découvert après coup, mais que, lorsque des signaux d’alerte apparaissent, le tir ne soit pas toujours corrigé rapidement. Pire, certains intérêts économiques peuvent parfois conduire à minimiser, retarder ou contester ces alertes.

C’est précisément à ce moment-là qu’une conscience collective devrait prendre le relais. Dans un monde où le profit occupe une place importante, nos choix individuels peuvent aussi devenir une forme de pression économique.

Lorsqu’un marché propose plusieurs produits comparables, sur le même segment et à tarif proche, il me semble logique de privilégier celui qui présente le moins de risques potentiels ou dont la composition est la plus simple et la plus transparente.

Car les industriels peuvent s’adapter rapidement lorsque le marché change de direction. Si suffisamment de consommateurs cessent d’acheter certains produits et privilégient des alternatives présentant moins de substances préoccupantes, les fabricants sont poussés à revoir leurs formulations, leurs procédés et leurs priorités.

Le boycott n’est donc pas seulement une réaction négative. Il peut aussi devenir un signal économique très clair : ce que nous refusons d’acheter peut parfois faire évoluer le marché aussi sûrement que ce que nous continuons à soutenir, que ce soit par choix, par habitude, par faiblesse ou simplement par manque de discernement.


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